Indolore Story

INDOLORE // photo by Juan Sebastián Rojas

INDOLORE @ SXSW 2016 // photo by Tawni Bannister / tawni@tawnibannister.com

[English bio]

INDOLORE

« J’ai eu plusieurs vies »

Ce sont les premiers mots qui me viennent quand on me demande de décrire mon parcours.
Oui, j’ai eu plusieurs vies, plusieurs vies amoureuses, plusieurs vies professionnelles, dans un bureau, dans la « nature », peu importe.
J’ai plongé dans plusieurs musiques, dans plusieurs époques. Le jazz m’a happé à mes débuts, je copiais comme je pouvais John Coltrane ou Miles Davis. Mais un beau jour, je les ai abandonnés, comme on quitte une fille avant le lever du soleil.

Je suis parti avec la pop. La garce. J’ai rencontré deux personnes totalement différentes de moi, je me suis mis à écrire des chansons, on a monté un groupe, Shine. L’aventure a duré plusieurs années.
À peine nés, on jouait notre tout premier concert en première partie de Sia à Londres, on ne comprenait rien ce qui se passait. Tout allait un peu trop vite pour nous. Les radios nous passaient mais nous, on n’était pas prêts. Au bout de deux ou trois ans d’efforts, on a sorti notre premier album. Les anglais de Morcheeba l’ont beaucoup aimé et nous ont pris sous leur aile le temps d’une tournée épique. On roucoulait dans la pop cool. Jusqu’à ce soir d’été où je tombe par hasard sur le film de la naissance du festival de Glastonbury. Sur scène, quatre fous géniaux, dont un inconnu (pour moi à l’époque), Terry Reid. Je me jette sur l’Internet, je le retrouve, je lui écris, je voulais travailler avec lui. Après de multiples péripéties, un an plus tard, Terry débarque à Paris pour enregistrer trois de mes chansons. Je ne m’en suis toujours pas remis. Je crois qu’on a, au mieux, une occasion dans sa vie de travailler avec une personne totalement hors du commun, j’ai eu cette chance. Cette collaboration nous a ouvert la porte des Etats-Unis avec notamment une invitation au SXSW à Austin en 2010. Après ça, c’était comme de revenir d’une mission Apollo, la vie (d’un groupe) ordinaire manquait de goût. On a sorti tant bien que mal un dernier album, mais la messe était dite pour Shine.

J’ai traversé mon petit tunnel à moi, comme font beaucoup de gens. Je jouautais le dimanche, j’écrivais encore, sans but précis. J’ai nagé dans ma mélancolie, j’y ai rencontré Nick Drake ou José González, on a bien sympathisé. Et quand je me suis senti enfin prêt, fin 2013, je me suis posé avec ma guitare devant les micros, j’ai chanté un titre et je me suis dit : ok, cette fois, tu vas te montrer. J’ai abandonné toutes idées de son sophistiqué, d’orchestration ambitieuse. Je voulais me rapprocher de moi. Je voulais dire « je ».
La plupart des titres de cet EP partent d’une base live, voix, guitare. Je suis bien incapable de bluffer alors je me sers de la musique comme d’un moyen d’exprimer mes émotions. Elle me terrifiait avant de m’y plonger mais je crois que je l’aime bien cette nouvelle vie.

Cette nouvelle vie INDOLORE m’a déjà ramené en Amérique, m’a offert une invitation au SXSW 2016, m’a fait voir la Californie, parcourir la Grande-Bretagne, pour y jouer dans des festivals extraordinaires et y rencontrer des gens hyper attachants. Déjà + de 200 000 écoutes de l’EP « Positive Girls ». Vraiment inattendu pour un disque aussi intime.

Me voilà maintenant sur le point de décoller pour l’Islande où je vais avoir la chance d’enregistrer dans un lieu magique : le studio des fabuleux Sigur Rós.
À suivre…

G.
INDOLORE // Positive Girls // 1er EP disponible